Trop d’enfants chez le psy ?

Soumis à une pression trop forte, de plus en plus exigeants envers leur progéniture, les parents d’aujourd’hui rêvent de l’enfant parfait. Au moindre couac, ils se précipitent chez le psy. Parfois à tort. Explications.

Consulter un psy est devenu presque tendance pour les adultes. Pour les enfants aussi, ce n’est plus un tabou. On consulte pour tout et rien, pour le moindre trouble du comportement ou tout ce qui nous semble, en tant que parents hyper inquiets, sortir de la normalité. Un enfant turbulent, hyperactif, surdoué, timide, réservé, violent, … sont autant de raisons qui nous incitent à chercher une aide extérieure. On n’hésite même plus à emmener son enfant chez le psy en cas de mauvaises notes, de troubles du sommeil et de tracas souvent minimes.

En fait, si la consultation d’un spécialiste s’impose lorsqu’il s’agit de vraies souffrances et de troubles de comportements handicapants, la raison voudrait que les parents trouvent eux-mêmes des solutions aux difficultés de leurs enfants.

Plus concrètement, il faudra consulter, lorsqu’un enfant montre un changement brutal et inexpliqué dans son comportement. Par ailleurs, il est important d’être attentif à des manifestations moins bruyantes telles que le retrait, l’isolement, le repli sur soi, une difficulté à se concentrer à l’école, ou encore un état de mal-être ou d’angoisse qui dure, des difficultés à la socialisation, des manies qui s’installent, etc. Certaines manifestations somatiques sans cause organique peuvent aussi constituer un motif de consultation par exemple, un eczéma persistant, des douleurs abdominales répétées, etc. Il est alors tout à fait normal que les psychologues prennent en charge des enfants présentant des pathologies lourdes.

 

Les signaux d’alerte

Entre 3 et 6 ans : l’entrée à l’école permet de mettre à jour certaines difficultés de l’enfant de socialisation de l’enfant. Si l’enfant fait montre d’une violence extrême à l’égard de l’enseignant et de ses petits camarades, s’il laisse à voir une grande inhibition l’empêchant de prendre part aux activités de la classe, il convient de s’en préoccuper.
Avant 11 ans : on se préoccupe si l’enfant ne maîtrise pas certaines choses qu’il est censé faire ou savoir à son âge. Cela concerne les retards scolaires importants ou encore des problèmes d’énurésie.

A partir de 12 ans : n’hésitez pas à consulter si votre ado vit isolé et replié sur lui-même, s’enferme dans sa chambre pour broyer du noir, sèche ses cours, s’il a de mauvaises fréquentations, s’il (elle) se préoccupe trop de son poids, développe un discours sombre sur la vie et l’existence ou encore si on a des doutes sur une éventuelle consommation de substances illicites.

Naïma Anouar