Taouss, la petite fille de Ain Sfaa

Taouss, la petite fille de Ain Sfaa

Le 11 octobre est la journée mondiale de la Petite Fille. A travers cette journée, l’ONU cherche à promouvoir les droits fondamentaux des filles, met en évidence les inégalités de genre qui subsistent entre filles et garçons, et combat les différentes formes de discrimination et d’abus dont souffrent les filles dans le monde entier.

Aussi loin que me portent mes souvenirs, il me revient en mémoire le souvenir d’une petite fille dont l’âge ne dépassait pas les sept années. Cette petite fille s’appelait Taouss (Paon) un prénom typiquement oriental. Nous sommes en 1982, au village d’Ain Sfaa « source de pureté », à 30 km au Nord-Ouest de la ville d’Oujda. Ce village porte le nom de la source d’eau qui y coule. C’est le début du mois de septembre, et c’est la rentrée des classes. Rien d’anormal jusqu’a présent.

Une petite fille, Taouss, habillée d’un tablier rose, coiffée d’un ruban rose, un cartable sur le dos. Taouss partait chaque matin à l’école communale. Accompagnée chaque jour par son père, qui en l’occurrence, un cousin lointain, voulait que sa Petite Fille, aille à l’école, apprend, devient instruite pour avoir plus tard le choix de devenir ce qu’elle désirait. Le temps a passé, Taouss a grandi, a étudié et est devenue ce qu’elle désirait le plus au monde, professeur d’école. Mais pas dans n’importe quelle école. Sa propre école, là où, elle a appris à lire et à écrire, son école communale.

Taouss, jusqu’à  nos jours, continue à faire apprendre à lire et à écrire aux autres petites filles de son village, à toutes les petites filles dont les parents sont friands de savoir et de connaissance. (Repose en paix mon cher cousin, bien lointain. Mission accomplie, la relève est assurée).

Plus beau encore et réconfortant, trois autres filles se sont jointes à Taouss pour accomplir cette mission plus que vitale mais humaine. Encore mieux, une des jeunes dames, issue de ce village, donne une fois par semaine des cours d’alphabétisation aux habitants de ce village Ain Sfaa, femmes et hommes. N’est-pas merveilleux!

 

Notre petite Fille!

Très bonne initiative de la part de l’ensemble des instances et organismes qui ont adopté cette journée. Mais qu’enest-il de notre petite fille à nous ? Si dans la plupart des zones urbaines, notre petite fille à tous les droits d’aller à l’école et de vivre une vie décente avec sa famille, il n’en est rien pour les petites filles du rural. Oui rien n’est fait pour la fille qui habite dans les zones entravées. Elles sont toujours victimes de violences, sujettes à des abus sexuel, viols et maltraitances, mariages précoces, exploitation (petites bonnes) et j’en passe.

Heureusement que la société civile vielle, assure, assume et travaille d’arrache pied à faire valoir les droits de ces petites filles.Faut-il le rappeler, le Maroc a ratifié la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE), promulguée par l’ONU en novembre 1989 qui stipule la nécessité d’accorder une protection spécifique à l’enfant (cela concerne tous les enfants jusqu’à l’âge de 18 ans)

Cependant la lutte continue. La société civile ne lâchera rien et les associations pour enfants et autres continueront à lutter d’avantage pour la promotion de la culture des droits de l’enfant et se mobiliseront encore contre l’exclusion et le non-respect des droits de nos Jeunes Filles.