Société Mariage des mineurs

Le 19 septembre dernier, le Conseil économique social et environnemental a organisé à Rabat un atelier de restitution de l’avis du CESE sur le sujet du mariage d’enfants. Des pistes ont été proposées par le conseil pour éradiquer ce fléau. Dans ce sens, le conseil a proposé une stratégie globale visant à abolir cette pratique et à impulser le développement socio-économique. D’après le conseil, cette stratégie repose sur trois axes majeurs à savoir, l’amélioration du cadre juridique et du système judiciaire en harmonisant les dispositions du Code de la famille avec la Constitution et les conventions internationales par l’abrogation des articles 20, 21 et 22 ayant trait aux mariages des enfants, et en développant la médiation familiale.

Il faut dire que si dans les textes, la loi a fixé l’âge du mariage à 18 ans,  des dérogations sont possibles. Celles-ci ne font plus l’exception, et les chiffres fournis par le ministère de la Justice font état de 32 104 demandes de mariage d’enfants en 2018, contre 30 312 en 2006. Entre 2011 et 2018, 85% des demandes de mariages se sont soldées par une autorisation. 94,8% du total des unions impliquant des mineurs concernent les filles (45.786)9 et 99% des demandes de mariage concernaient des filles sur la période 2007-2018. Les mariages informels d’enfants dits mariages “Orfi” ou avec “Al Fatiha” ne sont par ailleurs pas comptabilisés, car souvent échappant à tout contrôle.

Plus grave encore, le mariage des enfants concerne essentiellement les filles, il constitue, estime le CESE dans sa note une »discrimination à l’égard des filles et une violation des droits de l’enfant. ». L’ampleur véritable du mariage d’enfants est méconnue, mais le nombre de mariages d’enfants demeure « trop élevé et doit inquiéter »,alerte encore le CESE.

Naïma Anouar

 

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