« Pour la cause »

Karim, palestinien et Sirine, française, doivent traverser la frontière Maroco-algérienne pour rejoindre leur troupe afin de donner un concert de musique à Oran. Du fait de l’absurdité des règles aux frontières territoriales, ils se retrouvent coincés sur un pont en plein milieu d'un No Man’s Land...

Le réalisateur Hassan Benjelloun, se rendant dans les pays de l’est il y a quarante ans, a été victime d’un rejet total de la liberté reflétée par son style jeune et décontracté. Les cheveux longs, le jean et les espadrilles représentaient durant les années 1970 un état d’esprit qui ne pouvait coller avec la rigidité du régime communiste.

Benjelloun a donc ressorti cette expérience pour en faire l’élément central de son dernier film « Pour la cause ». Les pays de l’est n’étant plus qu’un lointain souvenir, il a adapté l’anecdote au 21ème siècle à travers l’histoire d’un artiste palestinien qui, désirant passer du Maroc vers l’Algérie, se voit interdire le passage pour des raisons complètement loufoques.

Ainsi, un groupe de musiciens en tournée au Maghreb, qui a recruté un nouveau guitariste palestinien Karim, se produit à Casablanca et dopit aller en Algérie. Benjelloun met en parallèle l’histoire de différents personnages marocains, dont la détresse d’une jeune fille qui se voit obligé d’épouser un homme à la place de son amoureux.

D’un autre côté, Sirine la chanteuse française décide de visiter l’ancienne maison de ses grands-parents à Fès, avant de rejoindre avec Karim les autres musiciens qui se trouvent déjà en Algérie. C’est à ce moment que les problèmes commencent pour le jeune palestinien. Arrivé à la frontière, il est confronté à l’excès de zèle de deux agents algériens qui lui refusent l’entrée à cause de ses cheveux !

« Cette histoire confirme qu’il existe toujours des frontières et des règlements ainsi que des fonctionnaires abusant de leur pouvoir envers les plus faibles. J’ai voulu montrer, à travers l’histoire de Karim le palestinien, que par leur absurdité ces réglementations révèlent le pire et le meilleur de l’être humain. En outre, l’injustice me semble un bon ressort cinématographique« , explique Hassan Benjelloun.

Au-delà de son expérience aux frontières communistes, le réalisateur présente « Pour la cause » comme une histoire qui peut toucher tout le monde, pour ce qu’elle peut démontrer sur l’être humain, sur ses laideurs et sur ses beautés. De même, ce traitement léger en comédie, permet d’interpeller le public sur des sujets graves tout en le faisant rire. Faire réfléchir et faire rire, émouvoir et surprendre, telle est la cause de Hassan benjelloun.