Maroc, situation des femmes, 25 ans après Beijing

Lors de la conférence de presse, l’Association Démocratique des Femmes du Maroc a présenté le « Rapport parallèle des associations marocaines sur la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action Beijing+25 ».  Une autre occasion pour relancer le débat au niveau national quant aux engagements internationaux du Maroc en faveur des droits des femmes.

Coordonné par l’ADFM, le rapport est une contribution de 76 coalitions, réseaux et ONG féministes ou de défenses des droits humains marocains. Il vient rappeler  les principales préoccupations et recommandations relatives à la situation des droits des femmes au Maroc.  Le « Rapport parallèle des associations marocaines sur la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action Beijing+25 » comporte 112 pages où sont décortiquées les 47 questions du Rapport National, reparties en sections, axes  et chapitres.   Les initiatrices pointent néanmoins une persistance sur certaines inégalités des femmes et des filles à l’accès à  l’emploi, l’éducation, la santé, la pauvreté, la protection sociale ,aux services sociaux , la participation des femmes à la prise  de décision en passant par toutes les formes de violence (physiques, psychiques ,économiques ), la loi 103-13. Le document préconise des recommandations, des pistes  et des propositions d’action  souhaitées par les ONG et les associations rédactrices de ce manuel “Certainement, que c’est important. C’est par des rapports comme ce dernier  qu’on fera avancer les choses pour les femmes. C’est un travail de plusieurs mois et l’implications de plusieurs associations qui ont  décortiqué le rapport national, pour arriver aujourd’hui avec des recommandations  faites pour nos citoyennes  sans exception » a répondu Amina Lotfi, Présidente de l’ADFM à la question de notre journaliste.

« Nous n’avons pas été consultées! »

Par ailleurs , les ONG à l’initiative du présent rapport , souhaitent attirer l’attention de la CWS , la Commission de la Condition de la Femme, sur le processus d’élaboration du Rapport National qui n’a pas été fait suivant une approche participative «  En effet , malgré les recommandations faites aux Gouvernements de travailler de concert avec les parties prenantes concernées à tous les niveaux préparatoires de l’examen 2020, afin de bénéficier de leur expérience et expertise et de continuer à soutenir le rôle et contributions de la société civile, plus particulièrement des ONG de femmes dans la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action Beijing .Cette démarche n’a pas été privilégiée par notre gouvernement » souligne Samira Bikraden de l’association ADFM qui a présenté le rapport.

Ces ONG  soulignent la difficulté  considérable rencontrée en termes d’accès à l’information notamment les statistiques, les données et études en matière de genre et d’égalité entre les sexes, produites par les départements ministériels «  La quasi-majorité des données étudiées relèvent des rapports d’institutions nationales indépendantes ou d’institutions internationales» explique Samira de l’ADFM. Cette difficulté a poussé les associations initiatrices de ce rapport à se limiter aux quatre premiers axes qui passent en revue les progrès réalisés  dans les 12 domaines critiques.


« Dialoguons ensemble pour le bien de nos citoyennes »

Ce document qui est élaboré avec l’appui de l’ONU Femmes (mais dont le contenu  relève uniquement des associations signataires ) devrait maintenant atterrir dans presque toutes les instances  au niveau national, régional et local et pourquoi pas mettre en place une instance ou un dispositif impliquant et fédérant les différentes parties prenantes pour assurer la coordination, le suivi et le reporting de la mise en oeuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing et du Programme de développement durable, ODD à l’horizon 2030.
Khira Arab ben-saïd     .