“Les maux en dormance”, le livre posthume de Hayat Dinia

C’est vers la fin du mois de novembre qu’est sortie l’oeuvre posthume de Hayat Dinia  « Les maux en dormance», Virgule-Editions. Une année après sa disparition, le  Centre Le Féminin Pluriel  a organisé une séance de présentation du récit de la défunte Hayat, présidente de l’association le Féminin Pluriel lors d'une soirée hommage.

« Les maux en dormances » sont  un récit que l’auteure Hayat a dédicacé ainsi :« A Kawtar, ma fille, Cadeau de mon père, cadeau de ma mère, Don du ciel, Merci de m’avoir donné une famille.  A ma famille, à ma ville, à mon pays que je n’aurais changés pour rien au monde » 

« Ces mots  racontent des histoires et expriment des aspirations et des désillusions, des émotions et des combats. L’identité sociale et la culture, une partie du vécu de ma société et de ma ville, Rabat  et de mon pays. Ils m’ont traquée, m’ont imposé des images et amenée à repousser mes limites pour témoigner et transmettre ». Ainsi s’exprime l’auteure, Hayat Dinia, au début de ce qui est à la fois, la saga d’une grande famille de Rabat, dont nous pénétrons l’intimité durant plus d’un siècle, et le récit d’une femme sensible qui a souffert dans son coeur et dans son corps, mais n’a jamais renoncé  à affirmer sa personnalité forte malgré le poids des traditions. Elle nous a hélas trop tôt quittés, mais son esprit demeure tout entier dans ces lignes qui réveillent tant de « maux en dormance » et inspirent l’admiration et le respect.

Et lors de cette soirée hommage, les membres de l’association, entourés par  un grand nombre de personne, amies, conférenciers, chercheurs, étudiants ont ensemble évoqué le souvenir agréable de cette grande femme, militante des droits de la femme et ont lu plusieurs chapitres de son récit. Une merveilleuse  façon de lui être fidèle et de continuer son combat.

Repose en Paix Chère Hayat

A la page 340, avant  la table des matières, une très belle photo (prise lors de son voyage à la terre de ses ancêtres, l’Andalousie), où on voit feue Hayat Dinia adossant une muraille de la terre natale de la famille « DENIA » .En bas comme épitaphe, elle dicte ce mot en arabe datant de  la fin aout 2018 : « Elle est retournée à son créateur, elle a combattu la maladie, mais la maladie  été la plus forte. Qu’elle repose en paix ».

Hayat Dinia est issue d’une famille de Rabat d’origine andalouse. Après des études  universitaires en Aménagement et Urbanisme, elle obtient un doctorat en Géographie et Aménagement (Université Paris1-Sorbonne ,1985). Sa riche carrière  d’enseignante à Rabat, Faculté des Lettres, ENS, Classes Préparatoires, Institut d’Aménagement et d’Urbanisme  s’est doublée d’un poste de Directeur des Arts au Ministère des Affaires Culturelles, puis conseiller du Ministre de l’Education Nationale. Elle fonde en 1990, l’association Le Féminin Pluriel, puis en 2001, la Fondation Dinia pour la culture ainsi que le centre culturel Le Féminin, dont elle restera présidente jusqu’en 2019.Conférencière, elle est l’invitée de congrès nationaux et internationaux. Ses Publications: L’Art dans la ville 1995, L’Enseignement Privé au Maroc, Essai d’Approche 1996, La Cuisine marocaine de Rabat, un art et une tradition 1990.

Khira Arab ben-saïd