Avortement, Pour Ou Contre ?

Avortement, pour ou contre ?

Avortement, pour ou contre ?

Acte puni par la loi, interdit par la religion et abhorré par la société, l’avortement est monnaie courante au Maroc. Quelques affaires viennent de temps en temps défrayer la chronique, comme le récent cas de la journaliste Hajar Raissouni.

Condamné par l’islam, interdit par la loi et sujet tabou au sein de la société, l’avortement est pourtant pratiqué quotidiennement au Maroc. Environ 600 à 800 femmes y ont recours quotidiennement, dans un milieu médicalisé moyennant une certaine somme d’argent ou de façon traditionnelle. Les conséquences sont souvent dramatiques : selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), 13% des avortements clandestins finissent par la mort de la patiente.

Le sujet de l’avortement fait pourtant polémique depuis de nombreuses années, et après maintes sorties des militantes et de l’Association de lutte contre l’avortement clandestin, une petite brèche a été creusée. Certains avortements pourraient été légalisés, comme c’est dans le cas de grossesse dangereuse pour la santé ou la vie de la femme enceinte, en cas de grossesse suite à un viol, en cas de grossesse suite à un inceste, en cas de malformation/ maladie génétique du fœtus. Sauf que depuis 2015, ce projet de loi peine à sortir au grand jour.

Et la loi reste sévère à l’encontre de ceux qui ont recours à ce moyen pour mettre un terme à une grossesse non désirée. Ainsi, l’article 453 du code pénal prévoit six mois à deux ans de prison pour une femme qui se fait avorter, et un à cinq ans pour quiconque pratique un avortement sur autrui. L’article 490 du code pénal marocain punit également les relations hors mariage d’un mois à un an de prison.

En fait, la loi marocaine ne reconnaît finalement que l’avortement thérapeutique. “L’avortement n’est pas puni quand il vise à sauvegarder la vie de la mère à condition qu’il y est consentement du conjoint”, précise le texte de loi marocain.

Emprisonnée depuis le 30 août dernier en compagnie de son fiancé, du médecin, de son assistante et de l’infirmier de son cabinet, Hajar Raissouni est poursuivie pour « avortement illégal » et « relations sexuelles hors mariage ». Elle risque jusqu’à 2 ans de prison. Son affaire a pourtant eu le mérite de susciter un débat public, et de faire réagir l’opinion qui dénonce la dictature des mœurs et une société hypocrite. Affaire à suivre.

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