Arts

Les photographies de Majida Khattari

L’artiste Majida Khattari expose ses œuvres à la galerie d’art L’Atelier 21, du 24 septembre au 5 novembre 2019.

Rarement la théâtralité aura été au centre de la démarche artistique de MajidaKhattari comme dans cette exposition dont le commissariat est assuré par l’écrivain, essayiste et dramaturge Rachid Benzine. En effet, les prises de vue et les décors ont été réalisés au théâtre du Manège, scène nationale de Maubeuge (France).Majida Khattari, qui avait fait de la mise en scène la marque patente de ses photographies somptueuses, a choisi cette fois-ci un théâtre, doté d’une immense scène pour s’exprimer avec liberté, tout en enracinant ses œuvres dans le cadre qui détermine en quelque sorte leur ADN esthétique. A cet égard, Rachid Benzine parle dans la préface du catalogue d’exposition de « mise en abyme ». Et de préciser : « Ici, nul besoin, comme au théâtre, de parole : la représentation remplace le texte. Il suffit simplement de regarder l’agencement bien précis des corps et des éléments de décor, qui semble nous emmener dans un monde onirique, mais qui, quand on le regarde de plus près, est bien plus tragique. »

Dans ses œuvres photographiques, Majida Khattari revisite, recrée les clichés qui dominent la peinture orientaliste. En reconstituant des décors inspirés de célèbres compositions orientalistes, Majida Khattari « contemporanise » ses personnages en les dotant d’un statut incertain qui tient à la fois du fantasme et de la réalité photographique.

Rachid Benzine évoque le travail de l’artiste en ses termes : « Dans la composition très minutieuse de ces photos, il y a la recomposition de la vie, le désir de rassembler les bouts éparpillés d’existences éclatées et salies, et de les faire passer de l’ombre de la douleur à la lumière de la renaissance. Les clairs-obscurs, les jeux de lumière, la tragédie qui côtoie la beauté : oui, il y a bien quelque chose de consolant dans ces tableaux. » Il est vrai que Majida Khattari fait partie des rares artistes contemporains qui placent la notion du beau au centre de leur démarche esthétique. Le résultat est époustouflant de beauté sereine et mystère qui plongent le spectateur dans un univers à part, où la beauté rend moins douloureuse l’acuité du tragique.

Née en 1966 à Erfoud, Majida Khattaria fait ses études à l’Ecole des Beaux-Arts de Casablanca puis aux Beaux-Arts à Paris.

Rarement la théâtralité aura été au centre de la démarche artistique de Majida Khattari comme dans cette exposition dont le commissariat est assuré par l’écrivain, essayiste et dramaturge Rachid Benzine.

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